… Mais pour qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes?
Après cet interlude culturel, reprenons notre récit de mon tragique week-end au moment critique de l’ouverture de la ciné-scénie.
Le rappel des faits :
Nous sommes 14 000 dans les gradins. Il est 22H30. Je suis assise au dernier rang (depuis lequel le décor et les figurants sont autant de jolis petits points dans le lointain), je me caille les miches emmitouflée dans une écharpe porte-bébé, les genoux couverts grâce à un coin du plaid jaune vif dans lequel se sont blottis les 3 pingouins qui me servent respectivement de beaupapa, bellemaman, joliebelleoseur.
La dame dans le micro précise que le pestacle a été entièrement écrit et mis en scène par son éminence Philippe de Villers.
Et là, dans une lumière sépulcrale, un monsieur (enfin, un lointain petit point) tient une lanterne et avance péniblement. Une voix en playback (on ne change pas une équipe qui gagne) figure le discours du type :
“Je suis le petit Jacques, j’ai beaucoup souffert et ma famille vendéenne tout autant à travers les âges…”. S’ensuit un blabla pathétique sur la transmission du malheur, l’horreur de la guerre, la tristesse de perdre ceux qu’on aime, bref un morceau de bonheur, qui , à 22h30 m’a littéralement conquise.
Toute confisée de joie, j’étais.
En résumé, si j’ai bien pigé l’intrigue totalement décousue (qui dure 2h30), Philippe de Villiers voulait montrer que sa Vendée avait fort souffert de tout temps. Principalement à cause des guerres qui tuent des gens.
Pendant des heures interminables nous avons donc assisté à un son et lumière kitchissime, où des tableaux morbides succédaient à des tableaux pathétiques, eux-même relayés par des tableaux terrifiants. Les héros récurrents de ce magnifique récit étant principalement les croix de cimetière, les batailles sanglantes, les courses de chevaux, les récoltes dans les champs et les embrassades lyriques dignes des meilleurs chants communistes.
Mais il y avait aussi un autre participant assez remarquable à ce massacre, j’ai nommé le figurant-poupée.
Cekoidonc que le figurant-poupée ?
Et bien figurez-vous que Philippe de Villiers, tout englué de bon goût, semble avoir décidé qu’un figurant n’est pas un être humain mais une chose. Un genre de petit soldat de plomb. Pour un mec obsédé par les croix de cimetière et les bagarres pifpafpouf ça va de soi. Mais au regard d’un spectateur innocent, ça relève de la pathologie d’avoir choisi un tel traité artistique pour faire évoluer 3000 figurants.
Voilà le topo : la ciné-scénie du Puy du Fou, ce sont 3000 figurants bénévoles en costumes. Le rendu est assez saisissant. Chapeau à la costumière (ah ce que je suis drôle) et aux accessoiristes. sans parler du régisseur de tout ce méga-monde.
On aurait pu en faire des choses avec 3000 personnes. Ah oui, on aurait pu.
Mais le Philippe, lui, il a préféré aligner les gens comme des petits soldats et secouer son gros doigt en leur disant : “Toi, tu restes ici et tu bouges pas, hein?!”.
Ce qui donne un truc assez étonnant : 3000 personnes figées dans des attitudes étudiées. Comme fauchées en plein vol. Comme statufiées. Comme mortes, quoi.
L’un bat le blé, l’autre lève la faucille, un groupe d’autres forme une ronde champêtre.
Il est évident que pour un psychorigide du ménage cela doit fournir un spectacle réjouissant d’ordre et de maîtrise.
En revanche quand on espère une pointe de sensibilité, de joie, de partage, on se sent glacé par tant de militarisation. On se demande à quoi ça sert de faire venir des gens pour se cailler les miches à 23 heures le samedi soir alors que ça aurait été si simple de découper des silhouettes en carton et on en parlait plus.
A un moment du spectacle j’étais au bord de l’auto-petit-suissidage. Faut dire que le scénographe avait décidé de faire voler pendant 20 minutes des grands visuels de croix (encore elle) sur les murs du château, en éteignant toutes les lumières. Que même j’ai failli crier “Esprit es-tu là?!…” mais j’avais les lèvres engourdies par le froid alors j’ai juste bavé et essayé de dormir tranquillement le menton dans le cou.
Ensuite il y a eu des grandes eaux sur le lac artificiel, quelques feux d’artifice, et on a pu rentrer. Je me suis endormie dans la voiture, la bave aux lèvres (encore).
Pendant la nuit je me suis réveillée avec quelques nausées, que j’ai attribué à la fatigue.
Sauf que ce n’était pas la fatigue, comme l’a prouvé Jolibébé dès le lendemain…
4 réponses jusqu'à présent ↓
fantomette44 // 10 juillet, 2008 à 5:41
Si t’as été malade, obligé c’est la faute à De Villiers.
Sont pas comme nous ces Vendéens, j’te dis.
mamanviolette // 10 juillet, 2008 à 5:54
Quand on n’a
mamanviolette // 10 juillet, 2008 à 5:56
oooops, petit raté!!
Je disais:
Quand on n’a pas de bol,on n’a PAS DE BOL!!!
Dire que je n’ai jamais mis les pieds et les yeux au PDF… et ce ne sera pas demain la veille!!
… Pénélope Solète te salue.
ptitquick // 11 juillet, 2008 à 10:05
Mais tu aimes ta belle-famille tant que ça ???? ou pour une raison totalement inavouable, tu leur es redevable à vie ?
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