Parfois je ne suis pas très iap-iap dans mon corps, comme dirait Mia Frye.
Genre j’ai des nausées nocturnes et même pas ça me met la puce à l’oreille. Il faut dire qu’après deux grossesses, les nausées ça me connait, c’est presque comme respirer en ce qui me concerne.
Alors voilà.
Nous sommes samedi dernier. Enfin dimanche matin très tôt. Et j’ai une enclume sur le crâne, la nausée dans mon coeur, et la cervelle vide. Aucun signal d’alarme ne s’allume. Je zone et c’est tout. Quelle blonde je fais…
La matinée angevine se déroule sans accroc. Petit-déjeunage dans le coltard. Douchage dans le coltard. Bisouillage de Prince-Prince devant le Tour de France dans le coltard. Passage à table dans le coltard.
Et là arrive le dessert.
Il faut que je vous dise : je suis une grosse gourmande.
Généralement je prends deux fois de tous les plats et je fais sa fête au dessert en moins de deux.
Là, pfiou.
Le poulet au pruneau ne m’a pas inspiré. J’avais laissé les pruneaux sur le bord de l’assiette, inexplicablement.
Le dessert arrivant je me sens de plus en plus déconfite. Voire moite. Voir épuisée soudainement. Je pretexte une envie soudaine de câliner ma fille et quitte la table précipitemment sous les quolibets de ma belle-famille :
“Hey Ceciel, dépêche-toi de revenir; c’est le dessert!”.
J’arrive dans notre chambre. Jolibébé est censée y faire la sieste.
Sauf que.
Sauf que.
Jolibébé est assise dans son lit, silencieuse, les yeux plein d’effroi, ses petits bras figés dans un mouvement dérisoire pour se sortir les mains du….vomi.
Il y en a partout. On croirait une bataille de peinture. Sur les parois du lit, sur les doudous, sur elle. Du bon vieux vomi boeuf-carotte du plus bel orangé. Partout.
La fatigue s’estompe momentanément. Je prends ma fille dans mes bras pour la rassurer (oui l’amour maternel va jusqu’à enlacer un bébé plein de vomi). Elle me vomit dessus.
Je la jette toute habillée dans la baignoire. Elle pleure, gros chagrin, ne comprends rien à ce qui lui arrive (8 petits mois tout mouillés, je vous rappelle). Et re-vomit.
(ça va, votre petit-déjeuner se passe bien?)
J’appelle Prince-Prince et lui explique l’infâmie de la gastro.
On rassemble les affaires, douche le bébé.
Ma nausée revient, la fatigue aussi.
Prince-Prince s’isole avec Jolibébé pour la consoler. Je m’écroule dans un coma profond pendant 2 heures.
Prince-Prince gratte à la porte : “Hum, Céciel il est 16h30, va falloir rentrer à Paris, là!…”
Céciel, verdâtre : “Oh non pas çaaaaa…”.
Non sans avoir kidnappé tous les sacs plastiques de la maison, nous quittons finalement Angers pour le plus beau trajet voituresque de toute ma vie (à part celui où je me suis fait pipi dessus en colo, mais là c’était dans un bus dans ça compte pas, et puis c’était pas amour parceque j’osais pas dire à mon amoureux assis à côté de moi qu’une fille ça doit parfois se lever pour aller faire pipi alors je me suis double-pité dessus comme dirait Ashley c’est ça l’aveuglement amoureux sans doute).
Jolibébé est livide et apathique.
Céciel a la coeur au bord des lèvres et une enclume sur les épaules.
Prince-Prince est blanc comme un linge.
Ce qui devait arriver est donc arrivé :
- après 1 heure de route avec les paupières étrangement lourdes, Prince-Prince exténué a choisi de s’assoupir sur une aire d’autoroute
- Céciel déterminée à revoir sa Normandie a finalement pris le relais telle la furie
- 45 minutes plus tard Céciel abandonne le volant pour aller vomir de manière très élégante et inodore à l’arrière de la voiture dans un joli sac plastique angevin
- Jolibébé est interloquée par ce ballet étrange mais reste sereine voire légèrement inquiétante (3 heures de route à jouer avec l’étiquette de son doudou, ce n’est plus du calme c’est de la neurasthénie, non?)
- l’arrivée à la maison a des allures de libération du radeau de la méduse : Terre! Terre!
Arrivée avec armes, sacs plastiques piégés et bagages à la maison, je suis partie dormir illico presto. Prince-Prince a dignement géré bébé et maison. Personne à ce jour n’a reçu de plainte en tous cas.
Le lendemain tout le monde allait mieux. Nous avons donc naïvement pensé être sortis d’affaire. On riait presque de cette mésaventure désopilante.
Arrogance, arrogance…
Jolibébé cachait bien son jeu.
Hier soir, 2 heures du matin, hurlements dans la nuit. Je me rends précipitamment au chevet de la bête. Enduite de vomi, affligée et somnolente.
On reprend tout à zéro : baignoire, lavage, lessive, draps propres et tutti quanti.
Du coup je reprends mes médicaments de grossesse anti-nausée.
La vie est un éternel recommencement, il paraît.
4 réponses jusqu'à présent ↓
fantomette44 // 11 juillet, 2008 à 7:26
Médicaments anti-nausées, t’en a qui marchent ??
Moi qui suis migraineuse et sujette aux nausées voire aux migraines vomiteuses, j’ai tout essayé, et à part la piquoûse de SOSmédecin avec un mélange de morphine et d’un truc anti-nausée, rien ne marche (acupan-vogalène me semble-t-il) et encore, c’est limité niveau effets… Le motilium, pas d’effet, la menthe, rien, je suis désespérée (mais continue à bouffer du motilyo à chaque migrainenauséeuse au cas où…)
Remettez-vous bien, la famiglia !
ceciel // 11 juillet, 2008 à 8:25
Fantomette : j’ai découvert le Bipyrédis pendant ma grossesse et ça m’a bien aidé. Cela dit je ne suis pas migraineuse, tu as tout mon soutien je sais que c’est l’enfer…
ashleyandr // 11 juillet, 2008 à 11:02
Mais voilà qui est fort sympathique. (je retire tout ce que j’ai dit sur la mogetet qui coule à flots)
nanie12 // 18 juillet, 2008 à 11:34
dis donc , tu nous a laissé en pleine gastro et depuis plus rien, c’est pas que mais je commence à me faire du soucis pour toi , prince-prince et joliebébé là !!
tout va bien ?
bon, moi je déménage demain, alors seul le dieu free sait quand j’aurais à nouveau une connexion, alors ….à bientôt , je prie !
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